Evolution de l’officine au service des patients

« Réussir la mutation »

« En organisant ce colloque, nous avons souhaité rappeler à quel point le rôle des pharmaciens d’officine a profondément évolué depuis le vote de la loi HPST, il y a maintenant plus de dix ans. Les syndicats représentatifs se sont battus avec persévérance et obstination pour défendre les nouvelles missions et convaincre les pouvoirs publics d’étendre leur champ de compétences. Pas après pas, nous avons gagné des batailles décisives, sur la notion de pharmacien correspondant, sur la promotion de la vaccination ou sur le conseil pharmaceutique. L’ambition des pharmaciens est aujourd’hui clairement posée : contribuer au quotidien au suivi des malades chroniques, à la promotion de la prévention en santé et à la sécurisation des parcours de soins des patients. Ces perspectives nous engagent, tous ensemble, à réussir la mutation de notre exercice. Elles nous obligent à revoir le mode d’organisation et la rémunération de nos officines, mais également à nous ouvrir sur les autres professionnels de santé. A nous, donc, de relever le défi : les pharmaciens devront prouver au public que la confiance qu’il nous accorde se traduit par de meilleures performances sanitaires. »

Marie-Josée Augé-Caumon, vice-présidente de Coopération Santé

« Promouvoir le dialogue »
« L’évolution du modèle officinal, c’est d’abord un devoir face aux nouveaux enjeux de la santé, c’est aussi un désir fort de la profession. En dix ans, nous sommes passés du statut de dispensateurs de médicament à celui de dispensateurs
de soins. Et l’officine tend à devenir un espace de santé globale, ce qui nous oblige et nous engage vis-à-vis des patients. Aujourd’hui, les défis à relever sont nombreux. En premier lieu, nous devons apprendre à coopérer avec les
autres professionnels, et non agir à leur place. Il faut également se former pour mettre au point des protocoles de soins efficaces et nous emparer massivement des possibilités offertes par le virage numérique. Les années qui s’ouvrent sont exaltantes, mais il faudra apporter les preuves de note plus-value pour le système de santé. »

Pierre Béguerie, président de la section A du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens

Entretiens pharmaceutiques

dans l’asthme, les AVK et les chimiothérapies orales, bilans partagés de médication, vaccination antigrippale : le pharmacien propose aujourd’hui une très large palette de services à la population. Compétent et disponible, il sera aussi l’un des piliers de la restructuration de l’offre de soins dans les territoires. Le législateur ne s’y est pas trompé.

Délivrance protocolisée de certains médicaments habituellement soumis à prescription médicale, tests rapides d’orientation diagnostique de l’angine, adaptations posologiques et renouvellements des traitements chroniques, télésanté… La pharmacie d’officine est appelée à devenir un espace global de santé, un vecteur de l’accès aux soins dans les zones en voie de démédicalisation.

Véritable professionnel de santé, le pharmacien est désormais rétribué comme tel, sous la forme d’honoraires de dispensation. De plus en plus nombreuses, ses nouvelles missions lui permettent également de développer son activité, en lui assurant des relais de croissance supplémentaires.

Pour préserver un équilibre économique encore précaire, il devra cependant nouer des partenariats novateurs. Les mutuelles et les complémentaires santé pourraient notamment participer à la structuration d’un parcours de soins officinal pour les pathologies bénignes, en assumant une partie du surcoût financier lié à l’individualisation du “petit risque”. Elles pourraient tout autant contribuer au financement de certains services qui ne seraient pas pris en charge par l’assurance maladie.

Retrouvez les interventions lors du Colloque

Coopération santé

 

 

 

Publication : 10 mars 2020 | Catégorie(s) :